Photographie / Campagne virale

Freaked. But chic.

Direction artistique, maquillage, costume, photographie

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De la transformation individuelle… à l’événement public

Dans une perspective de décloisonnement et avec beaucoup d’enthousiasme, 80 personnes se sont prêtées au jeu d’incarner un zombi et d’être photographiées, pour une diffusion collective de son portrait en photo de profil sur les réseaux sociaux, le jour d’Halloween et de la sortie du jeu. Maquillage, costumes, accessoires, mise en scène : l’expérience totale s’ensuit d’un travail de retouche photographique. Chacun y va de son mot pour partager son point de vue sur le quoi de ce personnage.

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Maaaartin

Daviiiiid

Simooooon

Edwaaaaard

Edooooouard

Juliaaaaa

Eléonorrrrrre

Jenaaaaa

Taraaaaa

Paaaaauline

Juuuuuliette

Laaaaaaura

Guyyyy

Hugooooooo

Eeeeetienne

Christiaaaaaan

Baaaaaaptiste

Oliiiivier

Laaaaara

Alexaaaaandra

Naaaancy

Julieeeeette

Thibauuuuuult

Jeaaaan-Baaaaptiste

Guiiiiiillaume

Edouaaaard

Valentiiiiiiiin

Coooooline

Damieeeen

Henriiiiiiii

Zooooé

Oooooolivier

Jaaaaack

Pierre-Luuuuuc

Virginiiiiiie

Carooooooline

Williaaaaaam

Pierrrrrrre

Thomaaaaaas

Juuuuuliette

Sébaaaaastien

Prrrrrudence

Nicolaaaaaas

Thoooooomas

Fifaaaaaa

Nieeeel

Vinnnnncent

Benjaaaamin

Nathaeeeeeel

Guiiiiillaume

Clairrrrrre

Maaaaaarie

Pascaaaal

Meeeeedhi

Willllllly

Théooooo

Valentiiiiiin

Maaaarie

Diaaaane

Auuuurelie

Rayaaaannnn

Luuuuuuc

Maaaarie

Stephiiiiiie

Mégaaaaane

Pauuuuuula

Julieeeeette

Moooodan

Oooooolympe

Victoooooor

Eloooodie

Marrrrrrgaux

Emeliiiiiiine

Juliaaaaa

Guillauuuume

Emmmmma

Mickaaaaaël

Luuuucile

Aaaaaaantolin

Laureeeeeence

Wilheeeeeeem

Yaaaaan

Luuuudivine

Jean-Baaaaaaptiste

La mort : répulsion et fascination, esthétique et figuration

Face au spectacle du corps défunt, nous sommes conditionnés par deux réactions possibles : le dégoût, né d’une observation insupportable, celle de la décomposition ; l’hommage à la nature, telle que le formule Charles Baudelaire dans Spleen et Idéal pour un poème célébrant la charogne. Cette dualité renvoie au débat esthétique fondamental en art confrontant d’une part la nature et d’autre part le beau ; le réalisme et l’imitation. Si la mort a développé ses propres esthétiques, Aristote le premier a pointé du doigt son paradoxe : celui d’un plaisir à regarder les images et objets dont la vue est pénible dans la réalité. Outre l’idée d’être un effet de la création, le dégoût peut donc s’entendre comme matériau et sujet de la création

La mort possède une grammaire imagée et codifiée dont émanent de multiples sous-genres, à commencer par le gore, faisant l’apanage de l’explicite et du sanglant. Dans le sillon de l’écorché en voie de décomposition, le zombi en est le personnage le plus caractéristique. Au-delà de représenter une « presque » mort, une charogne du future, c’est davantage la peur de la mort qu’il peut incarner. Cette tension entre la vie et la mort, l’horreur et le dégoût, questionne la façon d’entrevoir ce type de corps supplicié aussi bien dans son traitement pictural, symbolique comme dans sa réception.

le zombi : subversion du genre et transposition iconographique

Le zombi : à la frontière entre culture populaire…

Le zombi est historiquement une créature légendaire issu de récits et mythes mis en scène par l’art macabre de la fin du Moyen-Âge et de la Renaissance. La croyance aux revenants s’est développée parmi les hommes dès que ces derniers ont pris conscience de la mort et ont commencé à concevoir une existence après le trépas. Se distinguant par des attributs physiques codifiés de la putréfaction, cette figure du revenant a distillé notre imaginaire populaire, et aujourd’hui encore, les créatures des films d’horreur modernes en sont analogues.



… et culture pop

Personnage devenu iconique, à l’instar de l’homme de Frankenstein, il n’en demeure pas moins perpétuellement revisité et à la conquête constante de son public : s’il émanait autrefois du folklore et des cultures des peuples, le zombi est aujourd’hui l’apanage du courant mainstream et de notre société du spectacle. Tout comme le champ de l’horreur, plutôt snobé que reconnu comme genre légitime dans la hiérarchie des industries culturelles, le zombi en tant que produit pop est davantage perçu comme un moyen (un outil pour faire de l’horreur) plutôt qu’une fin (dans un objectif de révélation, là où le cinéma d’auteur viendra accomplir un personnage, à l’image du vampire par exemple).

Une partie de nous… ?

Le zombi est un motif extérieur qui nous confronte au cadavre que nous serions un jour. Son profil pourrait s’interprêter comme l’antipode du selfie et du portrait. Pour autant, nous ne manquons pas d’être fascinés par ce monstre au potentiel gore comme kitsch. Le sang qui gicle horrifie et fait rire. A la fois autre et nôtre, son acceptation et son appréciation posent question. Au fond, désirerions-nous être zombi ? Qu’aurions-nous envie de livrer en l’incarnant ? Quelle vision de nous-même souhaiterions-nous y retrouver ?